Ce qu’on ne dit pas du bilan de compétences
Spoiler : il n’y a pas de solution miracle, mais... il y a des portes qui s’ouvrent
Nota : cette newsletter comprend une collaboration commerciale non rémunérée ; le bilan de compétence de Garance & Moi dont je parle a été offert dans le cadre de mon activité pro
Si vous avez raté le début, vous pouvez consulter l’épisode 1.
“Vous êtes parfaitement alignée à ce que vous aimez faire et savez faire”.
C’est donc la conclusion que je reçois après ces 2 mois de bilan de compétences.
Il me déçoit, je le confesse : si je me suis tournée vers un bilan de compétences, ce n’est pas parce que je ne me sentais plus alignée avec mes choix professionnels, mais bien parce que la mutation du secteur de l’influence ne me permet plus d’en vivre correctement ou exclusivement et qu’il devient urgent que je trouve un plan B. J’ai trop misé sur une solution clé en main et surtout rapide. Je sais bien que l’argent ne doit pas être un moteur, on en a suffisamment parlé avec les deux coachs qui m’ont épaulée sauf que je veux bien, mais j’ai une maison et une voiture (...) à crédits et tout un tas de factures et dépenses liées dont je dois m’acquitter chaque mois...!
Je suis déçue, donc, mais après une petite phase de digestion en règle, je réalise aussi que le travail fait pendant ce bilan de compétences a ce mérite, et non des moindres, de me remettre en selle, de m’ouvrir des possibles et de me permettre d’oser.
Oser frapper aux portes.
C’est que je suis une grande fille indépendante qui déteste solliciter les autres, d’une manière générale. Demander me coûte, j’ai peur de déranger les gens. On m’a éduquée à '“tenir ma place”, ne pas faire de bruit, rester dans le fond. Drôle, hein, pour une influenceuse…!
Et puis, je le reconnais, j’ai été jusqu’à présent très gâtée professionnellement parlant. Certes, j’ai mis un peu plus de de 2 ans à trouver mon premier vrai job, mais il est venu à mois par un beau matin de juin 2007 avec ces quelques mots : “Bonjour, nous cherchons la future rédactrice en chef du futur site de Cosmopolitan, pourrait-on en échanger à ce sujet ?”. PINCE MOI JE RÊVE...!
Côté influence, j’ai eu peu ou prou la même veine puisque l’intégralité des clients avec qui j’ai pu travailler jusqu’en 2024 sont venus à moi. Oh bien sûr, je savais que c’était un petit jeu assez périlleux et qu’il fallait que je me mette moi-même en quête de ceux avec qui idéalement, j’aurais voulu travailler mais... quand ce sont précisément ceux-là qui viennent à vous, pourquoi chercher ?!
La fameuse technique de l’autruche…
Alors, quand j’ai constaté qu’on me sollicitait moins, j’ai d’abord refusé de voir la réalité en face, la bien connue technique de l’autruche étant évidemment d’une efficacité redoutable. Mon rythme habituel de “business” n’a pas aidé à réagir non plus : dans mon métier, je peux ne travailler avec aucun client pendant un mois, voire, deux et en avoir 3 d’un coup. Je suis habituée aux rentrées d’argent aléatoires, à la visibilité de business réduit, aux missions qui tombent tout à trac. J’essayais de me persuader que tout allait bien se passer mais au fond, je savais que l’embrayage se grippait chaque jour un peu plus.
A ce moment là, nous sommes en septembre 2025 et si j’ai apuré ma dette auprès de l’URSSAF, je peine toujours à trouver des revenus réguliers. Mais j’ose, donc. À défaut de savoir quoi faire avec cette formation au Kobido ou de trouver comment devenir psy ou tenancière de maison d’hôte, je renoue avec l’enseignement que j’ai toujours aimé : je décroche 18h de formation à l’EFAP Nice. Le cours est génial, la promo intéressante, c’est un bon début, même si ça ne suffit pas.
Oser me permet aussi de décrocher quelques beaux contrats en influence et en conseil. Je fais des listes, prépare des sujets, travaille des angles éditoriaux que j’aimerais aborder avant de frapper aux portes, forte de ce qui me semble être une proposition plus qu’une demande. Et vous savez quoi ? Dans la majorité des cas, ça marche… !
Je suis aussi portée par une dynamique assez folle qui me fait ouvrir mes chakras à fond et ça, je l’impute évidemment en grande partie au bilan de compétences. Côté influence notamment, j’ai le sentiment de ne pas avoir encore “tout donné”. J’ai mille idées à la seconde, trop, même, qu’il me faudra plusieurs semaines pour mûrir pleinement et commencer à décliner, avec… cette newsletter, notamment.
So long 2025
2025 se termine, j’ai doublé mon chiffre d’affaire par rapport à 2024 et s’il manque encore un bon tiers pour revenir au niveau de 2023 et ainsi envisager une sécurité financière au quotidien, c’est encourageant.
D’autant plus que je décroche un autre cycle de formation de près de 200h auprès d’élèves en reprise d’études ou formation complémentaire. Nouveau défi débloqué !
“Qui ne demande rien n’a rien”
(Ce poncif m’agace d’une force… et pourtant…!)
Je ne peux pas parler de miracle ni de solution tout court, je ne suis pas encore sortie d’affaire professionnellement (financièrement ?) parlant. Mais s’il y a une morale à cette histoire, c’est bien qu’être au bord du gouffre force à sortir des sentiers battus. Qui sait… Je penserais même peut-être que c’est une chance quand cette période de doute, de précarité, d’inconfort et de peurs sera derrière moi ! (On notera l’utilisation du futur…!).
Ce bilan de compétence m’aura aidée à pousser des portes mais aussi et à relativiser : la terre ne va pas s’arrêter de tourner si on ne me répond pas ou si on refuse une de mes propositions, non ?!
Il m’aura aussi aidée à me sentir un peu moins nulle : je crois qu’on a un vrai problème, nous, les femmes, à être fières de qui on est, de ce qu’on fait. Depuis que j’embrasse le féminisme comme une évidence, je réalise que j’avance en m’excusant en permanence. Je réussis ? C’est un coup de bol ! Je me plante ? Normal, mon projet n’était pas si intéressant. Force est de constater que je n’ai pas été éduquée à la confiance en soi.
Alors que je viens de fêter mes 47 ans, savoir que je suis perçue comme une vieille petite chose décatie sur le marché du travail où l’on est considérée comme “senior” à partir de 45 ans est aussi particulièrement moteur, à plus forte raison dans un pays encore bien trop centralisé alors même que je n’habite plus à Paris ! Comme si faire les bons choix se résumait à prioriser encore et toujours le travail, comme si le travail ne pouvait pas s’envisager autrement qu’en étant vissé à son siège au moins 4 fois par semaine dans une ville qui, si elle compte beaucoup d’avantages, ne permet pas à tous d’en profiter convenablement.
Alors, est-ce que je vous recommande le bilan de compétences ? Oui, mille fois oui ! Ne serait-ce que pour recommencer à dessiner des possibles... Et ça, ce n'est pas rien.
Merci à Garance & Moi, à Singrid et à Chrystelle. Et… je radote, mais parfois c’est utile : merci à VOUS, pour votre soutien, votre écoute, vos messages et nos échanges ! Enfin, bon courage à toutes celles et ceux qui subissent de plein fouet “la crise” : mon secteur vacille, mais je sais bien que ce n’est, hélas, pas le seul…



Merci pour ce partage qui résonne : je suis également en pleine démarche de BDC ! (Je bosse trop et aimerait décélérer dans ma vie pro). Ça me donne de l’espoir.
En effet, j’ai parfois la peur que cela ne bouleverse totalement ma vie pro (je fais quoi si le résultat est de devenir professeur des écoles ou mécanicienne ?!) et je réalise qu’il y a aussi des alternatives : la confirmation d’être au bon endroit et que faire différemment peut changer l’approche.
Merci pour le petit volet confiance en nous, les femmes. Ça progresse mais pas si rapidement ….
Bravo et ravie des changements opérés avec succès chez vous
Encore merci 🙏
Aha j'en étais sûre que c'était la conclusion ! C'est super que ça t'ait donné la force pour te réinventer